L’arbre à parfum : le bigaradier et ses essences « Citrus aurantium »

Naceur AYED*

* Naceur Ayed est Professeur Emérite de Chimie Industrielle à l’INSAT (Université de Carthage)

 

Les plantes aromatiques emmagasinent des matières de senteurs dans leurs organes (fleurs, fruits, feuilles, bulbes, bois …). L’extraction relative permet de préparer une gamme large de produits de base pour la parfumerie et les cosmétiques ainsi que l’aromatisation (Huile essentielle, hydrolat, concrète, absolu, essence …). Chaque type d’extrait emprunte un procédé spécifique (Hydrodistillation, entrainement à la vapeur, extraction au solvant organique, extraction mécanique).

Domestiquement, plusieurs eaux florales sont produites traditionnellement, telles que les eaux de fleurs de bigaradiers, de roses, d’églantines, de géraniums…et qui servent pour les consommations familiales et pour le commerce local.

Les extraits aromatiques industriels et domestiques ont des bienfaits alimentaires, cosmétiques, aromathérapeutiques… qui montrent combien la flore consigne des qualités sensorielles capitalisant les ressources naturelles de Tunisie.

Les eaux florales, huiles essentielles etc.…présentent des compositions spécifiques, caractérisées par des notes sensorielles à multiples effets en plus du feeling que cela engendre sur le corps, l’ambiance et l’environnement. Les analyses consignées fournissent une base de données élucidant les propriétés des produits aromatiques des végétaux pour aider à mettre sur pied un plan de développement durable à travers la promotion d’une chaîne de valeur de ce secteur de production capitalisant la flore de Tunisie.

 

Mots Clefs : Plante aromatique, Bigaradier, Eau florale, Huile essentielle, Note olfactive.

 

INTRODUCTION

 

Les plantes aromatiques emmagasinent des matières de senteurs dans leurs organes (fleurs, fruits, feuilles, bulbes, bois…). L’extraction relative permet de préparer une gamme large de produits de base pour la parfumerie et les cosmétiques ainsi que l’aromatisation (Huile essentielle, hydrolat, concrète, absolu, essence…). Chaque type d’extrait emprunte un procédé spécifique (Hydrodistillation, entrainement à la vapeur, extraction au solvant organique, extraction mécanique…). Plusieurs Sociétés produisent industriellement ces extraits de plantes aromatiques et les exportent à l’étranger pour intégrer les formulations de parfums et parfumantes. Domestiquement, plusieurs eaux florales sont produites traditionnellement, telles que les eaux de fleurs de bigaradiers, de roses, d’églantines, de géraniums… et servent pour les consommations familiales et pour le commerce local.

Ces produits ont des bienfaits alimentaires, cosmétiques, aromathérapeutiques… qui montrent combien la flore consigne des qualités sensorielles capitalisant les ressources naturelles de la Tunisie. Les produits de la senteur sont des points forts de la Tunisie et constituent des messagers de communication assurant le dialogue et le partage sensoriels. Le bigaradier avec son néroli, son petit grain, son essence, sa concrète, son absolu offre un bouquet d’extraits odoriférants. La cueillette de fleurs d’oranger crée une ambiance particulière et son arôme embaume toute la ville et l’environnement.

 

 

 

Citrus bigaradia :

 

Le Citrus bigaradia, bigaradier, est un arbre appartenant à la famille des rutacées. Il mesure 3 à 4 mètres de haut et possède un tronc ramifié en branche épineuse. Originaire de Chine méridionale, le bigaradier fut introduit en méditerranée à l’époque des romains. Amené en Europe par les arabes au XIIème siècle et par les européens aux USA, en Amérique centrale et en Amérique du sud.

Il est cultivé en pleine terre dans les régions chaudes. La production moyenne est de 8 à 12 Kg de fleurs par arbre. En bonne conduite, elle peut atteindre 15 à 25 Kg. En Tunisie, le bigaradier est cultivé essentiellement dans la région du Cap Bon sur une surface de 352 hectares et compte environ 102.600 pieds dont 76800 arbres en production.

La production annuelle moyenne est de l’ordre de 1000 tonnes de fleurs d’oranger. 50 à 60% sont transformées par les unités de distillation de la région. Le reste est distillé à la vapeur par les ménagères qui perpétuent « la tradition de l’alambic » :(El Kattar)

Le bigaradier

La feuille :

Les feuilles de forme ovale légèrement coriaces, le limbe, qui mesure 4 à 6 cm de long et 3 à 4 cm de large, est articulé sur un pétiole de 1 cm de long, dilaté, a une aile de six à sept millimètres de large.

Par distillation à la vapeur d’eau des feuilles et des tiges de bigaradiers, on obtient le petit grain, une huile essentielle connue par son odeur boisée et florale et pour ses vertus calmantes et relaxantes. L’hydrolat relatif   est l’eau de brout « Me Elkah »

L’extraction par solvant volatil donne l’absolu relatif à partir duquel et par ajout de l’alcool on obtient la concrète.

La feuille

 

Le fruit

Le fruit est une baie charnue, son écorce présente une surface rugueuse de couleur rouge orangé. Quand il est mûr son suc est acide et amer. A cause de cette amertume il est consommable que préparé en confiture.

L’extraction par expression de l’écorce donne l’essence de bigarade à partir de laquelle et par ajout de l’alcool on obtient la concrète.

 

 

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