L’Université de Carthage

Lassaad El Asmi

Abstract :

Cet article présente l’université de Carthage comme une composante importante du système d’enseignement supérieur et de recherche public tunisien.  Il présente la situation historique et géographique de ce grand complexe universitaire, ainsi que le déploiement des différents sites qui composent l’université. Les points forts sont présentés à travers les activités de ses différentes composantes, ainsi que les problèmes majeurs qui empêchent  sa bonne visibilité. Le dernier paragraphe présente  les perspectives, la stratégie à court terme et les solutions développées.

Mots clés : université, campus, formations.

Introduction :

La Tunisie jouit d’un système d’éducation qui a misé sur un enseignement gratuit et de qualité. Malgré toutes les difficultés et tous les bouleversements qui traversent l’humanité, malgré les changements rapides et la crise économique mondiale, elle continue à investir dans l’économie du savoir et dans le développement des ressources humaines qualifiées. Ainsi, elle dispose d’un système public d’enseignement supérieur et de recherche qui est doté de plusieurs pôles universitaires pluridisciplinaires, riches dans la spécialisation et dans la diversification.

Ce journal se propose de présenter dans chaque numéro une facette de ce système d’enseignement supérieur. Nous présenterons aussi bien une université, une école, une faculté, un centre de recherche, des réalisations tunisiennes en terme de sciences et de recherche. Nous ferons ainsi la lumière sur les aspects de ce système qui ne sont pas connus du grand public, afin de contribuer à relier cette toile d’araignée d’un système d’enseignement et de recherche, qui a tendance à être replié  sur lui-même, avec son environnement social et économique. Ce premier numéro est consacré à l’Université de Carthage, qui est la source et l’inspiration de la fondation FOCCUS et du Journal FOCCUS, Culture et Science.

Historique :

L’Université de Carthage, qui constitue un pôle central du système d’enseignement supérieur et de recherche, est une université à caractère pluridisciplinaire à fortes composantes technologiques et agricoles. Bien que la forme actuelle de l’Université soit relativement récente, son histoire débute en 1898 avec la création de l’une de ses plus anciennes composantes, qui est aussi l’une des premières institutions d’enseignement supérieur et de recherche créée à l’époque coloniale, à savoir l’Institut National Agronomique de Tunisie. A cette époque, des travaux de recherche se rapportant à la génétique des céréales, avaient déjà débuté, dans des locaux, qui donnèrent naissance par la suite, en 1913 à l’Institut National de Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT). Cet Institut constitue la deuxième pierre de ce que deviendra plus tard l’Université de Carthage. La création de l’INRAT a directement été suivie, en 1914, de la création de l’Ecole Supérieure Agronomique de Mograne (ESAMo), une troisième pierre de l’Edifice.

Ces trois vieilles institutions, constituent le noyau historique du système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique de l’université de Carthage. La première institution nationale dans le domaine de gestion, c’est l’Institut des Hautes Etudes Commerciales, créé en 1942, et qui est une autre composante principale de l’Université. Ce n’est qu’après l’indépendance, que le Ministère de l’Enseignement Supérieur a commencé à s’organiser avec la création de l’université de Tunis en 1960 et la floraison d’une multitude d’institutions dont une partie constituera plus tard l’université qui est présentée ici.

Positionnement :

Le siège de l’Université ainsi que plusieurs de ses institutions se situent sur les hauteurs de Byrsa Kart-Hadasht site millénaire qui a vu passer plusieurs civilisations qui se sont succédées en terre tunisienne. Fleuron de la connaissance, Carthage est la cité histoire, où sont nés l’agronome Magon, le philosophe Hasdrubal, les explorateurs Hannon et Himilcon. Hannibal lui même, chef de guerre, stratège militaire et homme d’état était écrivain bilingue et qui a, non seulement, marqué l’histoire pas son géni militaire, mais également par ses écrits en grec et en phénicien versant dans les sciences. Carthage avait ses savants et ses bibliothèques, « la littérature des carthaginois portait l’emprunte de leur esprit tout entier dirigé vers les connaissances pratiques » disait Philippe Berger dans son ouvrage « La Phénicie ». Au delà de Carthage, l’Université s’étend, à Niapolis, actuelle Nabeul, Utique Hippo Dyarrhytus, Bizerte et va même jusqu’à Thuburbo Majus la romaine et Zaghouan l’andalouse.

Elle est enracinée dans le savoir et continue à le prodiguer et à le dispenser à des milliers d’étudiants venus de tout le pays et au-delà, de toutes les catégories et classes sociales, en quête de savoir et de connaissance et cherchant à acquérir les compétences nécessaires à l’insertion dans la vie active.

L’Université de Carthage est un itinéraire de savoir, de connaissance et de formation de haute qualité scientifique assuré dans un ensemble de structures composées d’écoles d’Ingénieurs, d’instituts de hautes études scientifiques, sociales et humaines et de grandes facultés. Proche et lointaine elle couvre tout le nord est de la Tunisie à savoir les gouvernorats de Bizerte, une grande partie du grand Tunis, Nabeul et Zaghouan.

Son réseau dont le centre est Carthage s’étale sous forme d’une demi toile, telle une toile d’araignée, d’un rayon d’une soixantaine de kilomètres reliant les dits gouvernorats pour accueillir des étudiants venus de tout bord.

Se mouvant dans l’environnement spécifique de chaque gouvernorat, l’Université de Carthage forme un réseau constitué de trente cinq établissements déployés sur cinq sites de cette vaste région du Nord-Est du pays, en fonction des ressources naturelles, économiques et environnementales de chaque région, répondant, ainsi, aux demandes aussi bien de la région que du pays dans les domaines du développement humain, de l’action culturelle et de l’amélioration des structures urbaines menant à la valorisation du tissu social.

Ce réseau, implanté au Nord-Est du pays et riverain de la méditerranée fait partie de l’ensemble du système universitaire tunisien de l’enseignement supérieur public. A travers ses différentes composantes, l’université délivre plus de trois cent diplômes dans les différents cycles de formation et de disciplines, à savoir les cycles préparatoires aux études d’Ingénieur et à l’Agrégation, les Licences Fondamentales, les Licences Appliquées, les Masters de Recherche, les Masters Professionnels, les Diplômes Nationaux d’Ingénieurs, les Diplômes Nationaux d’Audiovisuel et les Doctorats.

Ouverte à l’international, l’université de Carthage est intégrée dans plusieurs réseaux universitaires internationaux et elle est active dans plusieurs programmes internationaux de recherche, de coopération scientifique et d’appui à la qualité de formation.

L’Université joue enfin un rôle social dans son implication dans les différentes compétitions universitaires nationales et internationales, et différentes activités telles que les conférences, les forums et les débats qui impliquent des partenaires socio-économiques. Ces compétitions et activités  portent souvent sur le thème de l’entreprenariat, mais aussi sur d’autres thématiques d’actualité comme la robotique ou les Nouvelles Technologies ou encore des thèmes qui portent sur les questions politiques et sociales.

Déploiement des sites :

Le centre de ce réseau universitaire qui constitue l’université de Carthage est situé à Carthage-Amilcar. Il regroupe les institutions les plus prestigieuses du pays. Le pôle d’Ingénierie de haut niveau, à savoir  l’Institut Préparatoire aux Etudes Scientifiques et Techniques (IPEST) et l’Ecole Polytechnique de Tunisie (EPT), deux fleurons du système d’enseignement supérieur tunisien. Le premier recrute le nec plus ultra des admis au Baccalauréat pour les préparer aux concours national et aux concours Français d’entrée aux écoles d’ingénieurs. Chaque année, plusieurs d’entre eux sont admis, après les deux ans passés dans cet institut, dans les meilleures écoles françaises, l’X, les Mines, les ponts, Centrales, etc. Le deuxième est l’Ecole dite pilote des écoles d’Ingénieurs de Tunisie. Elle recrute parmi les 50 premiers admis au concours national de recrutement aux écoles d’Ingénieurs. Elle constitue un pôle d’enseignement et de recherche de haut niveau et fonctionne en partenariat avec les Ecoles les plus prestigieuses du monde. Ainsi les élèves de cette école peuvent préparer un double diplôme, celui de leur institution et celui d’une autre école européenne de renommée, les Mines de Paris, Télécom Paris, centrale, etc… L’internationalisation de ce joyau national va bon train. Dans le voisinage de ces deux institutions phares, se trouve l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme (ENAU), qui constitue l’unique site de l’université publique tunisienne, qui offre cette formation tant recherchée pour les besoins de la ville et des communes, pour la beauté des sites archéologiques et de notre environnement. Un peu plus loin dans cette magnifique région, s’élève le site de l’Institut des hautes études commerciales (IHEC), qui forme les hauts cadres et les gestionnaires du pays. Ces institutions d’excellence sont complétées d’une école de cinéma (ESAC), logée à Gammarth, qui constitue également un espace de formation d’excellence polyvalente à la fois théorique, pratique, technique et artistique, au service des professionnels de l’Audiovisuel et du Cinéma, d’un Institut de Tourisme et d’hôtellerie (IHET) surplombant les hauteurs de Sidi Dhrif et d’un institut des cadres de l’enfance (ISCE), situé à Carthage Dermech. Chacune de ces institutions constitue l’unique institution universitaire publique du pays, qui accomplit la mission importante dont elle est chargée.

Aux pieds des collines de l’Ariana, se trouve la prestigieuse Faculté des Sciences Juridiques, politique et sociale (FSJPST), un pôle d’excellence en études et recherches juridiques, politiques et sociales. Elle rayonne à l’échelle nationale et internationale par ses compétences et ses produits. Un peu plus loin, dans la Technopole d’El Ghazala, on trouve la superbe Ecole de Télécom (Sup’Com), école d’Ingénieurs d’excellence dans le domaine des TICs. C’est un autre joyau de compétences qui contribue à internationaliser notre système d’éducation. Dans la région de Soukra, se trouve l’institut Supérieur des  Etudes Préparatoires en Biologie et Géologie (ISEPBG), qui constitue le seul établissement d’enseignement supérieur agricole assurant la formation en cycle préparatoire.

Dans la même région, on trouve le campus de la Charguia, regroupant un ensemble de composantes qui offrent une formation de qualité et qui se positionnent d’une manière remarquable à l’échelle nationale et internationale malgré les conditions difficiles où elles se trouvent. Les établissements ont été, en effet, logés dans des locaux loués à la hâte pour répondre à la courbe ascendante de la massification. Créés d’une manière provisoire sur des sites de location, ces établissements y sont restés un peu trop longtemps dans l’attente de la solution finale qui tarde à venir. Bien que le site n’obéisse pas aux normes d’un campus universitaire, les institutions de la Charguia remplissent depuis plusieurs années une tâche fort importante dans le développement des ressources humaines qualifiées. Le campus actuel de la Charguia est formé de quatre institutions. Il s’agit de deux jeunes écoles d’ingénieurs à savoir l’Ecole de Statistique et d’Analyse de l’Information (ESSAI) et l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Carthage (ENICar). Elles sont complétées de l’Institut Supérieur des Technologies de l’Environnement de l’Urbanisme et de Bâtiment (ISTEUB) et l’Institut National du travail et des Etudes sociales (INTES). Un projet de construction de locaux sur le Campus de Carthage est en cours. Une étude préliminaire de faisabilité menée par les services de bâtiments de l’université et du ministère avec le concours d’enseignants et d’étudiants de l’école d’architecture, de la municipalité de Sidi Bou Said et de l’INP, a été concluante malgré toutes les résistances trouvées de la part de forces occultes et diffuses. Le projet est présenté en perspective dans cet article.

Le Campus de Tunis est formé de l’Institut National des Sciences Appliquées et Techniques (INSAT), autre fleuron de notre système d’enseignement supérieur et de recherche, une école d’Ingénieurs de haut niveau constituant le modèle alternatif aux écoles recrutant à partir du cycle préparatoire. Ce campus est également formé des Ecoles d’Ingénieurs et des instituts de recherche d’excellence dans le domaine agricole à savoir l’Institut National Agronomique de Tunis, pôle d’excellence en études agronomiques (INAT), l’Institut National des Recherches en Génie Rural, Eaux, Forêts (INRGREF) et l’Institut National de Recherche Agronomique de Tunis (INRAT). Enfin, toujours dans le même campus se trouvent l’Institut Supérieur des Langues de Tunis (ISLT), centre d’excellence pour les cultures linguistiques et l’Ecole Supérieure des Industries Alimentaires de Tunis (ESIAT) qui  forme des ingénieurs, des techniciens supérieurs,  et qui  délivre des  mastères et des doctorats en Industries Alimentaires.

La région de Bizerte abrite un campus universitaire important de l’Université comptant sept institutions à caractère scientifique et agricole. Un pôle important d’enseignement et de recherche avec la plus grande masse de structures de recherches et un fort potentiel d’encadrants de haut niveau se trouve à la Faculté des Sciences de Bizerte (FSB). A côté de ce pôle se trouve deux institutions offrant une formation d’Ingénieurs, un institut préparatoire (IPEIB) pour préparer les élèves aux concours et une école d’ingénieurs (ENIB) parmi les derniers nés en Tunisie, construite dans le cadre de la coopération avec la France et qui fonctionne en complète symbiose avec des écoles françaises. Chaque année, plusieurs élèves parmi les plus méritants sont sélectionnés pour obtenir une double diplomation avec l’ENSAM. Dans le même campus se trouve l’institut supérieur de commerce et de comptabilité (ISCCB), est une jeune institution qui offre deux licences Appliquées, l’une en marketing et l’autre  en comptabilité en plus d’une licence fondamentale en finance. Enfin dans cette région de Bizerte se trouve l’Institut Supérieur de Pèche et d’Aquaculture (ISPAB), qui délivre des licences appliquées « Technologies Halieutiques et Aquacoles ».  A Mateur, se trouvent deux institutions, l’Institut Supérieur des Sciences Appliquées (ISSAT) qui assure dans le cadre du système LMD une formation dans le domaine des nouvelles Technologies et l’Ecole Supérieur d’Agriculture de Mateur (ESAMa), qui prépare au diplôme d’Ingénieur national dans la spécialité productions animales et fourragères et la Licence appliquée en productions animales et fourragères.

Dans la région de Nabeul, l’université est représentée par sept établissements, dont quatre sont consacrés pour la formation technique et d’Ingénieurs, deux pour les sciences humaines et artistiques et une faculté des Sciences Economiques. Ces institutions sont réparties sur trois Campus. Le plus ancien est celui de la Mrezgua, qui héberge aux côtés de l’ISET de Nabeul, l’institut préparatoire aux études d’ingénieurs de Nabeul (IPEIN). Cet institut qui constituait l’établissement pilote pour les instituts préparatoires joue aujourd’hui un rôle important dans la préparation aux concours d’ingénieurs, mais il s’insère aussi dans une mission plus large avec les structures de recherche qui ont été développées par les compétences pluridisciplinaires qui animent cette institution. Le deuxième campus est situé entre la Mrezgua et Nabeul, il regroupe la Faculté des Sciences économiques et de Gestion (FSEGN), qui forme des gestionnaires polyvalents et des experts capables de répondre  au besoin de l’environnement économique composé principalement de PME, l’Institut Supérieur des Beaux Arts (ISBAN), qui prépare à des Licences en Art visuel et Design et à des Masters. Le campus devra également héberger l’Institut Supérieur des langues (ISLN) actuellement logé dans des locaux de location à Nabeul. L’Institut supérieur des langues  de Nabeul est une jeune institution qui dispense des enseignements en langues étrangères pour l’obtention de Licences fondamentales et appliquées, des mastères professionnel en Français et en Anglais pour le tourisme et la Gestion du patrimoine.

A Borj Cedria, est né le dernier campus de l’Université dans le cadre de la coopération avec le Japon. Il regroupe trois institutions qui constituent l’espace universitaire du  Technopole de Borj Cedria. Ces trois institutions sont l’Institut Supérieur des Sciences et Technologies de l’Environnement (ISSTE) qui est un établissement spécialisé en environnement dans le sens large du terme et en particulier dans les énergies renouvelables, l’eau, l’ingénierie du vivant et du milieu. l’Ecole Nationale des Sciences Appliquées de Borj Cedria (ENSTAB), qui forme des ingénieurs polyvalents, avec de solides compétences pluridisciplinaires autour de l’ingénierie des systèmes énergétiques et industriels, et l’institut des Technologies de l’Information et de la Communication (ISTIC). Ce dernier forme des compétences en informatique, en Technologies de l’Information et de la Communication et en informatique industrielle.

Enfin, toute cette panoplie est complétée par une école agronomique (ESAMo). Située à 6 Km du temple des eaux de Zaghouan, à 20 km des ruines romaines de Tuborbo Majus, l’Ecole Supérieure d’Agriculture de Mograne forme des ingénieurs en économie rurale et en production agricole, elle dispense des licences appliquée et de recherche et d’un département de recherche bien développé.

Vers une meilleure visibilité et des campus intégrés :

La stratégie de l’Université pour le court terme est particulièrement portée sur la recherche d’une meilleure valorisation des importantes activités et productions qui émanent des différentes composantes et une meilleure visibilité de l’ensemble. La première démarche consiste à montrer l’université sous forme d’une entité complète bien visible et bien identifiée. Pour cela, un système d’information a été mis en place. Ce système est complet, il permet de gérer l’ensemble des établissements d’une manière plus efficace. Les deux points forts de ce système sont la plateforme d’emploi du temps, qui est standardisée pour toutes les institutions et dont les informations remontent en instantanée au siège de l’université, permettant une meilleure visibilité et le calcul et la gestion des charges d’enseignement en temps réel. La deuxième importante plateforme de ce système d’information est la matrice de compétence, qui expose les capacités d’expertises des enseignants de l’université, qui permet de mettre en valeur les compétences et les rendre visibles et disponibles aux besoins de la société.

La deuxième démarche consiste à créer des campus intégrés.   Elle est menée d’une manière parallèle sur les différents sites.  Nous exposons ici le projet du Campus universitaire de Carthage, dont l’idée a été émise depuis 2013 et avait pour objectif de disposer sur le site de Carthage-Sidi Bou Said, d’un Campus regroupant, en plus du siège de l’Université, de quatre établissements, à savoir, l’IPEST, L’ENICar, l’ISTEUB, l’ESSAI et l’ENAU, d’une grande Bibliothèque, d’un complexe sportif, d’un restaurant et d’espaces verts. Ce projet devrait s’étendre  sur une surface de 11 Hectares propriété du Ministère de l’enseignement supérieur, actuellement non exploitées d’une manière optimale. Il s’agissait d’abords et avant tout de remettre de l’ordre dans le système d’Enseignement Supérieur en Tunisie, par la constitution de sites universitaires qui respectent les normes internationales des Campus universitaires.

Ce projet implique plusieurs acteurs et plusieurs ministères. A l’exception du ministère de tutelle et ses différents départements, il implique le ministère de la culture à travers l’Institut National du Patrimoine, le Ministère de l’intérieur à travers les municipalités impliquées.  C’est un projet très difficile à mener  dans le sens qu’il devrait s’étendre sur un espace très convoité. Ce qui peut expliquer les incroyables résistances rencontrées. Des résistances qui après beaucoup de pression et d’insistance se sont réduites à l’argument de préserver un terrain protégé pour sa valeur patrimoniale. Après maintes tentatives, nous sommes arrivés au résultat que la majorité du terrain est une zone verte. Cette zone ne pouvait néanmoins héberger que deux nouvelles institutions. Il fallait donc faire le choix de deux sur trois. Ce choix a été fait par la force des choses. L’école d’urbanisme et de Bâtiment ne trouve son sens que lorsqu’elle est mitoyenne avec l’école d’architecture et d’urbanisme déjà implantée sur le site. L’Ecole d’Ingénieur de Carthage s’est imposée par les prouesses de ses membres. La troisième école pourra être intégrée à un autre projet en cours d’étude dans la région de Soukra, lié au Ministère de l’agriculture, soit fusionnée avec une autre école d’ingénieurs. Cette solution semble la plus raisonnable en raison de la multiplicité et de la redondance des offres de formation en ingénierie.


Conception réalisée par:
Mounir Dhouib: architecte professeur ed sia UC
Nadia Daoud: architecte doctorante ed sia UC

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